La reconversion pas à pas

Dans l’avion

C’était dans l’avion.

Voilà

Je me souviens précisément de ce moment. J’étais dans l’avion, un verre de mauvais vin blanc à la main, un film avec Robert de Niro à l’écran, les réacteurs ronronnaient, ma voisine de siège avait décidé de retirer ses chaussures et de coller ses pieds aux miens, j’étais enfermée dans une boite en fer à 10 000 m d’altitude pour encore au moins 6h et j’ai réalisé que tout allait bien.

Vraiment bien. Pas « Oui en fait en y réfléchissant : je suis en bonne santé et j’ai un toit au-dessus de ma tête, de l’argent dans ma poche donc je ne peux vraiment pas me plaindre ». Non, vraiment : tout allait bien. J’ai cherché et je n’ai vu devant moi que des événements heureux. Plus rien qui ne m’angoissait réellement. Plus de boule au ventre en pensant à la rentrée, plus de nœud dans l’estomac en pensant au dossier truc auquel je ne comprendrais rien quoi qu’il arrive, plus de réunion machin qui me surcassait les pieds d’avance, plus de « mais comment je vais faire pour terminer tout ça », plus de d’insatisfaction à mal ficeler certaines missions faute de temps, de moyens ou même de connaissances, plus de décompte des jours de vacances qui me restaient avant la rentrée, 5,4,3,2,1… fini : plus de rentrée.

Et plus largement, plus de « qu’est-ce que je fais de ma vie », « quand est ce qu’elle va vraiment commencer », « sans enfant ni copain qu’est-ce que je vais laisser », « franchement à quoi je sers » etc., etc. Je vous laisse compléter.

Lire la suite « Dans l’avion »