Une petite recette au passage..

Attentes vs Réalité : Les Bliss Balls

 

Je conserve volontairement le nom anglais de « Bliss Balls » non seulement pour le côté hype, mais aussi parce que vous comprendrez qu’en intitulant cet article «Boules de la félicité, Attentes vs Réalité », j’avais peur d’attirer (ou de décevoir) un public très différent de celui recherché …

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Neo-vegan, yogiste convaincu, ou tout simplement foodista accro aux réseaux sociaux, vous avez forcément entendu parlé des Bliss Balls, ces petits en-cas ayurvédiques à base de pâte de dattes (parfois de figues) auxquels on a ajouté des fruits secs, des épices ainsi que l’inévitable huile de coco afin d’en faire une collation énergétique ultra saine.

De la super – super – food en quelque sorte, de quoi faire entrer Gwyneth Paltrow en pâmoison et Jean Luc Petitrenaud en dépression.  

Etant moi même une bobo arrogante, fan du poirier bhoutanais, obsédée par mon compte Instagram et par mes 23 followers, cette recette avait bien évidemment tout pour m’intriguer. Certes, nous sommes ici bien loin de la pâtisserie française dont je m’échine à apprendre les bases depuis plusieurs mois mais autant vous dire que customiser ces fameuses boulettes en leur ajoutant de la crème à 35%  ou du praliné croustillant ne fait pas exactement partie des principes diététiques édictés par Sogyal Rinpoché. Bête et disciplinée je me suis donc abstenue de toute originalité et j’ai suivi la recette qui me semblait la moins répugnante la plus attrayante (celle de Donna Hay, star télévisuelle des fourneaux en Australie) et je me suis lancée.

Alors ces boules : félicité ou calamité?

 

Attente n°1 : « Il parait que c’est super facile à faire  »
Réalité n°1 : « Effectivement un gamin de 3 ans y arriverait »

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C’est LE point fort des Bliss Balls (il en faut bien un, mais chut je n’en dis pas plus afin de ne pas trahir le suspense quant à mes conclusions les concernant), leur confection est  d’une facilité déconcertante.

Plus exactement il suffit de tout mettre dans un mixer et d’appuyer sur le bouton « marche ». Donc, sans vouloir présumer de vos forces, disons qu’à partir du moment où vous aurez réussi à localiser la prise électrique la plus proche et à y brancher votre robot Moulinex orange datant de 1976, vous aurez fait 97% du travail.

Il vous restera ensuite à les rouler dans le cacao, dans la noix de coco, dans la limaille de fer ou dans de la sciure de bois ce qui ne fera pas une grande différence (mais chut je n’en dis pas plus afin de ne pas trahir le suspense quant à mes conclusions les concernant) et vos Bliss Balls seront prêtes à être recrachées dégustées. 

Là dessus rien à dire, rapidité de réalisation : Bliss Balls 1 – Brioches feuilletées 0

Attente n°2 : « Ca à l’air amusant à faire! »

Réalité n°2 :  » Pour qui aime se dégraisser les mains au scotch brite pendant 20 min effectivement c’est amusant »

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Nous en revenons donc au côté ludique des Bliss Balls. Après avoir haché menu la totalité des ingrédients jusqu’à ce qu’ils forment une pâte agréable à l’œil, il suffit d’en prélever une cuillère et de la rouler dans le cacao, dans les amandes ou tout ce qui vous plaira et qui sera en adéquation avec les principes culinaires ayurvédiques (un indice : les lardons frits n’en font pas partie). 

C’est donc parti pour une grande séance de pâte à modeler générale dans la joie et les rires d’enfants (car oui on redevient un enfant quand on fait des Bliss Balls  puisque l’on se retrouve à devoir manger des trucs qu’on n’aime pas sous prétexte que c’est bon pour toi, finis ton assiette tu me remercieras plus tard). Toujours pas de vaisselle donc, mais prévoyez quand même 10 à 15 minutes de décrassage des ongles (la datte ça colle, l’huile de coco c’est gras, la cacao ça tache…).

En toute objectivité je dirais donc que sur ce point les Bliss Balls m’ont grandement déçues. Au final j’ai très peu ri en les faisant.

Avantage manucure : Bliss Balls 0 – Kinder Pingui 4

Attente n°3 : « C’est hyper sain! Après en avoir mangé tu auras autant d’énergie qu’Elle Mac Pherson au sortir d’un shooting maillot de bain, tes cheveux brilleront, ton aura sera violette, une licorne t’attendra à la sortie du RER pour te raccompagner chez toi   »

Réalité n°3 :  » Ok donc maintenant il va falloir en plus que je prenne rendez vous pour un détartrage »

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Car oui les Bliss Balls ça ne colle pas seulement aux doigts. Mais aussi aux dents, au palais, aux cheveux, à la porte du frigo…

Sans compter la poudre de cacao qui fait éternuer, les morceaux de dattes dans les gencives, la noix de coco qui rappe la glotte etc.

Un bonheur.

Élégance de la dégustation : Bliss Balls 0 – Double cheeseburger sans les mains 12

Attente n°4 : « C’est trop bon ! J’en mangerais tous les jours  »

Réalité n°4 :  » Mais qu’est ce que c’est que cette … « 

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Alors voilà, j’admets avoir écrit ce post avec beaucoup de mauvaise foi. J’avoue également qu’il y a mille et une recette de Bliss Balls et que je ne suis peut être pas tombée sur la meilleure. Je reconnais également détester la noix de coco et plus particulièrement l’huile de coco, qui est une invention du diable, et dont le goût méphitique peut couvrir à lui seul celui d’une bassine de gousses d’ail en décomposition.

Je reconnais aisément que ce dégoût ne fait pas de moi la candidate rêvée pour tester la raw food ou tout ce qui est vegan puisque cette infamie en est un des piliers fondateurs. 

Néanmoins. Même en prenant toutes ces précautions, même en faisant preuve de la plus grande prudence quant à un jugement définitif qui va me valoir les foudres de tous les amateurs de super food, force est de constater que ce truc était tout simplement infect.

Et je pèse mes mots. Pas juste « hum c’est pas très très bon je n’en referais peut être pas immédiatement ». Mais plutôt « Oh la vache c’est imbouffable« .

Tellement mauvais que j’en étais moi même étonnée parce qu’après tout en dehors de l’huile de coco, il n’y avait que des aliments que j’aimais : des dattes, du cacao, du sirop d’érable, des amandes, des épices… 

Je ne sais pas, le mélange avait quelque chose … d’improbable. Et pas dans le sens découverte gustative mais plutôt dans celui de « je préfère manger les restes jetés dans la benne à ordures plutôt que d’en reprendre ». 

Conclusion : Bliss Balls 0 – Contenu de la déchetterie de Damville 97

RECETTE des BLISS BALLS

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  • 24 dattes dénoyautées
  • 80 g d’amandes
  • 1 cuillère à soupe de sirop de riz (remplacé par du sirop d’érable, seule entorse à la recette originale)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de coco
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 20 g d’un mélange graines de lin, graines de tournesol et amandes concassées
  • 20 g de noix de coco rappée
  • 2 cuillères à soupe de cacao non sucré (dans lesquelles rouler les boules à la fin)

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