La reconversion pas à pas

Intégrer une école de pâtisserie : tout ce qu’il faut faire pour y arriver (ou ne pas faire…)

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Quand je me suis lancée dans mon projet de reconversion il y a un an et demi j’ai identifié deux écoles auxquelles je voulais postuler pour préparer mon CAP de pâtisserie: Ferrandi (à Paris) et l’ENSP (à Yssingeaux, en Haute Loire).

J’ai suivi tout le parcours d’admission et au final j’ai été admise aux deux. Pas de message d’insultes, je ne cherche pas à faire ma maligne : l’objectif de ce post est simplement de vous dire comment je pense y être parvenue. J’ai fini par choisir l’ENSP pour plein de raisons que j’expliquerais dans un prochain post. Aujourd’hui alors que j’en termine avec mes examens, je ne regrette pas mon choix car j’ai vraiment aimé ma formation (ce qui n’ôte rien aux qualités de celle de Ferrandi).

Il ne s’agit dont pas ici de comparer ces deux écoles mais de vous donner quelques trucs pour maximiser vos chances d’y être admis (ces conseils valent bien sûr aussi pour l’INBP à Rouen, l’EFBPA à Aurillac, l’EBP à Paris etc.) et les pièges dans lesquels ne pas tomber.

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5 très mauvaises raisons pour lesquelles vous voulez vous reconvertir en pâtisserie

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Faire des gâteaux du matin au soir, les mains dans la farine, les narines gentiment chatouillées par les effluves d’une brioche qui dore au four tandis que vous pensez déjà à votre prochaine création (le Paris-Brest à la choucroute) qui va mettre la planète foodista à vos pieds et faire de vous la future Claire Heitzler ou plus simplement quelqu’un d’épanoui dans son travail : je ne connais pas un aspirant pâtissier qui n’en a pas rêvé. Moi la première.

Pour m’être lancée dans la grande aventure de la reconversion en pâtisserie il y a quelques mois je peux pourtant témoigner que même si mon quotidien est plutôt heureux, la vie d’apprentie pâtissière n’est pas non plus un long fleuve tranquille. Avant de se lancer, il y a vraiment des paramètres à prendre en compte pour ne pas finir  d’ici quelques temps écœuré par ce métier, à vomir par les oreilles rien qu’à l’évocation d’un clafoutis. Je ne prétends pas avoir identifié tous les pièges d’une reconversion en pâtisserie et encore moins d’avoir correctement évalué leur difficulté dès le départ (coucou stage en pâtisserie de palace qui fait bien sur un cv mais qui m’a laissé exsangue). Je ne prétends pas non plus avoir une vision claire et exhaustive de ce métier (après seulement 5 mois d’apprentissage encore heureux), mais pour faire simple disons que si vous vous reconnaissez dans l’un des cas suivants – ou pire dans plusieurs – je vous conseillerais quand même d’y réfléchir un petit peu avant de vous jeter à l’eau… 

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La reconversion pas à pas

4 semaines de stage en pâtisserie de palace: le résumé en graphiques

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Je viens de terminer un mois de stage obligatoire dans le cadre de ma formation en CAP pâtisserie. Pour une raison de curiosité (je rêvais de voir les coulisses d’une pâtisserie de palace), d’égo (« oui ca va être sportif mais après tout j’ai 42 ans, j’ai déjà vu pire dans mon précédent métier blablabla j’suis forte mentalement je sais prendre du recul en toutes circonstances ») et d’une naïveté confondante (« qu’est ce qu’un mois de toutes façons et puis même si je ne fais que la plonge pendant quatre semaines je serais contente.. ») j’ai postulé dans un très célèbre palace parisien.

Chef super renommé, pâtisseries ultra haut de gamme, je crevais d’envie de découvrir l’envers du décor. Envoi de candidature, entretien RH, convention de stage signée, pif pam poum, le 2 janvier j’entrais dans le saint des saints pour 4 semaines d’apprentissage. Et le moins que je puisse dire c’est que j’ai désormais matière à écrire des articles pour environ les 210 prochaines années de ma vie. Ceux qui m’entourent non donc pas fini d’entendre parler de cette expérience qui pourrait se résumer… ainsi.

Avant toute chose, c’est tout à fait volontairement que je ne cite pas le nom de l’établissement où j’ai fait ce stage. Premièrement parce que leur politique de confidentialité sur les réseaux sociaux est hyper stricte, ensuite parce que cet article ne résume que mon expérience personnelle, enfin parce que je suis absolument persuadée d’avoir été au final assez bien traitée et qu’il y a plus d’éléments positifs à tirer de cette expérience que de négatif. Il faut le savoir (et je l’avais clairement sous-estimé) : les cuisines d’un palace constituent un milieu terriblement difficile, surtout pour celui ou celle qui débute. J’en ai donc franchement bavé (oh que oui) mais par rapport à beaucoup d’autres pâtisseries (palaces, boutiques ou autres) je suis convaincue d’être bien tombée. 
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Attente vs Réalité : Quitter Paris

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Commençons par le plus facile : j’aime Paris.

J’y ai vécu presque toute ma vie, j’y ai fait toutes mes études et j’y ai travaillé de longues années : j’aime infiniment cette ville. J’aime marcher dans ses rues, j’aime le Palais Royal, le jardin du Luxembourg, la vue époustouflante depuis le pont Neuf sur le Louvre et la Conciergerie, les troquets dont la devanture n’a pas été refaite depuis 1972 et qui avoisinent aussi bien une épicerie bio qu’un vendeur de sushis en plastique. J’aime les passages couverts du 2ème et les rues pavées du 14ème. J’aime la modernité clinquante du nouveau 13ème, j’aime la bazar du boulevard de Ménilmontant et de la rue du Faubourg Saint Martin, les serveurs pas aimables du resto chinois de Belleville et la douceur de la rue du Sabot.

J’aime même le métro parisien.

Oui c’est vrai qu’il pue souvent la pisse et je ne prétends pas que se retrouver coincée sur le quai de Champs Elysées Clémenceau à 8h30 tous les matins relève de la partie de plaisir mais j’aime le tadam des rames qui me berce, fermer les yeux et laisser mon esprit s’apaiser les quelques secondes où au milieu des conversations d’inconnus, je laisse au métro le soin de m’amener à ma prochaine destination. 90 secondes entre chaque station. Tadam. Oh oui j’aime Paris. 

Et pourtant j’ai décidé d’en partir. Parce que je ne me vois pas vivre de ce nouveau métier dans une capitale qui compte désormais plus de pâtisseries que de coiffeurs, parce que j’ai toujours voulu vivre à l’étranger et parce que … ma foi, j’y ai vécu la première partie de ma vie et qu’il est temps de changer. 

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La reconversion pas à pas

Retour sur les bancs de l’école à 40 ans : comment survivre?

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Se reconvertir passe le plus souvent par une étape de formation. Oui j’aime enfoncer les portes ouvertes, c’est même mon troisième hobby préféré après l’algèbre linéaire et acheter des pneus neige.

Sauf exception, avant de se lancer dans la vente de pompons ou la restauration de céramiques byzantines la plupart d’entre nous devra donc apprendre son futur métier dans le cadre d’un cursus ou à minima suivre des cours en création d’entreprise, langue, bureautique, management etc. En bref, avant de devenir le futur Steve Jobs du napperon ou la prochaine Claire Chazal de Haute Garonne, ça ne va pas rater : vous allez devoir retourner à l’école, vous former.

Logiquement, si vous avez déjà un petit bout de carrière professionnelle derrière vous, la notion de formation vous évoque avant tout une salle de réunion pour 16 personnes agrémentées de rangées de chaises en plastique, d’un rétro projecteur que l’on mettra 35 minutes à allumer, d’une table garnie de 3 thermos de café et d’un panier de mini-viennoiseries dont vous écraserez les miettes sur la moquette, et d’un animateur qui passera son temps à se demander comment faire pour garder votre enthousiasme intact quant à l’importance de la norme IFRS 10 dans le cadre de la définition d’un périmètre de consolidation jusqu’à 12h30. Ou peut-être n’est-ce vrai que pour les fiscalistes ?

Dans le cadre d’une reconversion dans un métier très manuel comme la pâtisserie, le mot formation prend un tout autre sens et dans certains cas, c’est bien d’un retour sur les bancs de l’école dont il s’agit.

Oui je vous parle de prof principal, de conseil de classe, de bulletin de notes, de téléphone éteint pendant les cours, et merci de justifier auprès de l’administration votre absence du 12 mars . Ce genre de retour à l’école.

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La reconversion pas à pas

Dans l’avion

C’était dans l’avion.

Voilà

Je me souviens précisément de ce moment. J’étais dans l’avion, un verre de mauvais vin blanc à la main, un film avec Robert de Niro à l’écran, les réacteurs ronronnaient, ma voisine de siège avait décidé de retirer ses chaussures et de coller ses pieds aux miens, j’étais enfermée dans une boite en fer à 10 000 m d’altitude pour encore au moins 6h et j’ai réalisé que tout allait bien.

Vraiment bien. Pas « Oui en fait en y réfléchissant : je suis en bonne santé et j’ai un toit au-dessus de ma tête, de l’argent dans ma poche donc je ne peux vraiment pas me plaindre ». Non, vraiment : tout allait bien. J’ai cherché et je n’ai vu devant moi que des événements heureux. Plus rien qui ne m’angoissait réellement. Plus de boule au ventre en pensant à la rentrée, plus de nœud dans l’estomac en pensant au dossier truc auquel je ne comprendrais rien quoi qu’il arrive, plus de réunion machin qui me surcassait les pieds d’avance, plus de « mais comment je vais faire pour terminer tout ça », plus de d’insatisfaction à mal ficeler certaines missions faute de temps, de moyens ou même de connaissances, plus de décompte des jours de vacances qui me restaient avant la rentrée, 5,4,3,2,1… fini : plus de rentrée.

Et plus largement, plus de « qu’est-ce que je fais de ma vie », « quand est ce qu’elle va vraiment commencer », « sans enfant ni copain qu’est-ce que je vais laisser », « franchement à quoi je sers » etc., etc. Je vous laisse compléter.

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